Culture

Dans la culture haïtienne on retrouve des éléments africains, français et caraïbiens.

Même si en 1860 le catholicisme s’est imposé comme religion officielle de la République d’Haïti, le vaudou peut aussi être considéré comme religion nationale de ce pays. La plupart des adhérents du vaudou sont d’avis que leur religion peut très bien coexister avec le catholicisme. Le vaudou est un culte animiste originaire du Bénin, répandu chez les Noirs des Antilles, un mélange de pratiques magiques, de sorcellerie et d’éléments pris au rituel chrétien. La musique et la danse en constituent les éléments essentiels. Pendant la période du Carnaval (du 7 janvier au Mercredi des Cendres), des défilés animent les routes, des groupes musicaux montés sur des chars flamboiement décorés entraînent participants et spectateurs par leur musique rythmique appelée « meringue ». Après le Carnaval commence le « RaRa » jusqu’au dimanche pascal. Il s’agit de manifestations culturelles ambulantes, hautes en couleur, son et images.
Les combats de coqs sont profondément implantés dans la tradition haïtienne. Avant l’arrivée des Européens les Caraïbes ne connaissaient pas le coq. Tandis que certaines îles ont presque complètement cessé de pratiquer ces combats, ce trait culturel reste cependant très vivace en Haïti. La peinture naïve des artistes haïtiens montre les traditions et les paysages d’Haïti. L’utilisation de couleurs éclatantes et le renoncement de la perspective classique n’ en sont que quelques caractéristiques. Des œuvres d’artistes haïtiens, comme Bazile, Dufont, Etienne ou Rigaud Benoît sont exposées dans les grands musées mondiaux. Le « taptap » est le moyen de transport le moins cher en Haïti. Il s’agit de bus, de camions ou camionnettes, ornées avec des peintures montrant des scènes de la vie quotidienne, des images et des citations bibliques ou bien des proverbes. Par tradition le propriétaire fait de son bus une œuvre d’art.

Déboisement

95% de la forêt tropicale ont disparu sous 200 ans de coupe anarchique.

Le déboisement systématique pratiqué en Haïti ne date pas d’hier. Déjà à la fin du XVIIe siècle, les colons français ont détruit des milliers d’hectares de forêt vierge pour y planter de la canne à sucre. De même des forêts entières ont été exportées en Europe pour la fabrication de meubles.
Aujourd’hui le résultat est alarmant. Du ciel, il n’est d’ailleurs pas difficile de reconnaître la frontière entre la République Dominicaine et Haïti ; les forêts s’arrêtent soudainement pour céder la place à un sol nu. Aujourd’hui il ne reste plus que 1,4% de surface recouverte par des forêts.
Le déboisement en Haïti s’est accéléré à grande vitesse pendant l’embargo décidé par l’ONU de 1991 à 1994. Pendant cette période, beaucoup de bois a été coupé pour l’éclairage et la cuisson, puisque le kérosène et le pétrole figuraient parmi les produits touchés par le blocus économique. Pour survivre, les paysans sont tentés d’abattre des arbres pour avoir du charbon de bois pour la cuisson et pour le vendre en ville et pour utiliser le bois afin de se construire une cabane.
Aujourd’hui les entreprises dans les villes (restaurants, boulangeries, et distilleries…) abattent plus de 53 300 arbres par année pour faire fonctionner leurs usines. Plus de 90% de la population utilise le charbon de bois pour la cuisson quotidienne (Institut Haïtien de Statistiques 2007). L’Etat ne s’occupe pas d’une gestion raisonnable des ressources naturelles et n’établit pas de loi interdisant la coupe des arbres. Une initiative de lancer sur le marché des réchauds à gaz de pétrole liquéfié a échouée. Il faudrait trouver d’autres moyens d’exploitation de ressources renouvelables, comme l’énergie solaire, maritime, éolienne ou l’énergie synthétisée comme la briquette de bois.
La coupe incontrôlée des arbres mène tout droit vers le déboisement et entraîne ainsi l’érosion, les glissement de terrains et les inondations lors des pluies diluviennes accompagnant les ouragans.

Eau potable

eaupotable1Pour la plupart des Haïtiens le quotidien est une lutte pour la vie.
En Haïti l’approvisionnement en eau n’est pas un droit, mais un luxe.

L’approvisionnement de la population en eau potable est l’un des plus grands problèmes d’Haïti, car l’eau potable n’est pas accessible à une grande partie de la population, surtout en région rurale. Dans la plupart des cas ce n’est pas la disponibilité de l’eau qui pose problème, mais les distances à parcourir pour se la procurer.

En effet, les habitations en milieu rural se trouvent souvent en altitude, alors que les sources se situent en bas dans les ravins. Durant les périodes de sécheresse, la situation devient encore plus difficile, car certaines sources tarissent et les distances à parcourir deviennent encore plus grandes.

Pour obtenir un minium d’eau pour boire, cuisiner, se laver et nettoyer habits et maison, les femmes et les enfants prennent leur boquittes (bidons) et vont les remplir à des stations de distribution. Ils doivent payer pour chaque seau et les ramènent alors à la maison en portant les dix kilos sur leur tête. Là où il n’y a pas de telle station, les gens prennent l’eau d’une rivière ou d’un fleuve, mais cette eau est souvent contaminée et insalubre.

eaupotable2Une troisième possibilité c’est de capter de façon illégale une conduite d’eau existante. Par conséquent les quelques conduites d’eau existantes sont détruites.

A Port-au-Prince, des marchands d’eau se gagnent la vie en vendant de l’eau dans des gobelets ou dans des petits sachets en plastique.

Les enfants poursuivent les camions-cisternes transportant de l’eau pour récupérer l’eau qu’ils perdent.

Même en ville, seulement la moitié des habitants disposent d’eau, mais qui souvent n’est ni propre ni potable.

De même il n’existe pas de système d’évacuation et de traitement des eaux usées et par conséquent la diarrhée, la fièvre typhoïde et la malaria constituent les causes principales de la mortalité des enfants.

Economie

économie1Environ 76% de la population vit sous le seuil de pauvreté.

Haïti fait parties des 10 pays les plus pauvres du monde. Les difficultés économiques d’Haïti ont pour principales causes la corruption, les régimes dictatoriaux avec leurs coups d’Etats et les mauvais choix économiques des gouvernements précédents.

La population active d’Haïti s’élève à trois millions de personnes, dont 42% de femmes, et le taux de chômage atteindra bientôt les 65%. 4 sur 5 Haïtiens doivent vivre avec moins de 2$US par jour. La famille vivant à l’étranger et les agences d’aide non gouvernementales constituent les principales sources d’aide pour bien des Haïtiens. Les 2 % de la classe riche se partagent 44% du revenu national.

La monnaie nationale est la Gourde Haïtienne (HTG), 100 gourdes = 2 euros.
La poussée démographique force fermiers à se consacrer à une agriculture domestique de subsistance ou au mieux destinée à la consommation locale, tels le maïs, le riz, les bananes, les haricots et les fruits. La plupart des fermiers élèvent quelques chèvres, bovins ou de la volaille, qui servent comme «compte d’épargne» pour payer un mariage, des frais médicaux, l’école ou les graines de semence.

L’industrie est concentrée à Port-au-Prince et se limite à la production de balles de baseball, de composantes électrique et de vêtements, et surtout à la transformation de produits importés; elle emploie environ 5% de la population active.

économie4Le secteur des services représente environ 30% avec toutes les épiceries établies par des petits « commerçants » locaux. Environ 80 % du réseau routier sont en très mauvais état, pas du tout asphaltées, et incarrossables pendant la saison des pluies. Les troubles politiques des années 1980 ont fait disparaître presque toute sorte de tourisme.

André ne connaît pas son vrai nom, ni son âge. Sa mère est décédée, son père ne peut s’occuper de lui – il a été envoyé vivre dans une autre famille dans l’espoir d’une vie meilleure. Mais il se trouve dans une situation bien pire: premier debout, dernier couché, il accomplit des corvées ménagères sans être payé, sans rien à manger, ni endroit où dormir. Il est un «restavek», un enfant esclave, comme environ 8% des enfants du pays. (basé sur les statistiques d’Unicef 2006)