Séisme – Témoignage du 18/01/10

L’ONG Objectif Tiers Monde  a reçu un  message d’un partenaire qui habite à Gressier, voici le témoignage:

18/01/2010

Merci beaucoup à chacun de vous pour vos encouragements.

Votre solidarité au Luxembourg avec nous, nous monte un peu le moral.

Quand on a tellement à dire, on oublie presque tout. Le bilan était provisoire comme je l’avais dit, parce que j’avais tellement de choses dans la tête que je ne pouvais les coordonner et j’étais tellement stressée. Pour faire suite à nos informations, chaque jour il y en a de nouvelles :

Pour l’école de Bertin, les murs de l’école et certains de leur clôture sont tombés, vous allez trouver des photos y relatives. Jacob avait rencontré les responsables de Bertin, ils disent que leur famille se porte bien, mais que leurs maisons sont détruites.

Jacob avait contacté M. Fritzner de Dufresnay hier et il a rendez-vous demain Dieu voulant avec eux pour aller prendre des photos. Entre temps, il dit que les murs de leur école sont pour la plupart fissurés et d’autres sont tombés. Jacob était également chez EcHC hier pour prendre des photos. Il n’y a pas de murs tombés, mais fissurés. La fissure du mur à côté des marches est grave, parce qu’il est détaché. Il y a des photos y relatives également. Aujourd’hui, Jacob a réussi à contacter et à rencontrer M. Toussaint, il dit qu’il n’a pas encore des nouvelles de Taïfer, ni de Tavette. Demain Dieu voulant Jacob a rendez-vous à nouveau avec lui pour lui remettre du papier à écrire. Il écrira lui-même des détails qui pourraient vous être utiles peut-être.

Comme dit pour FOCAPA, apparemment, elle n’a rien de cassé à part des batteries qui alimentent le brûleur qui semblent avoir subir un choc quand la catastrophe s’est produite.

Actuellement, en Haïti, les gens se solidarisent. Pour la plupart des quartiers, tout le monde se regroupe en une grande famille. Chacun apporte ce qu’il a. Si quelqu’un a de l’eau, il l’apporte, il y en a qui a du sel, d’haricots, de riz, du savon, des draps, des vêtements et sous-vêtements, du charbon, de tapis plastiques pour faire des tentes, etc. Car, il y a des gens qui sont sauvés sans rien du tout et qui n’ont pas la possibilité de récupérer rien du tout.

D’autre part, dans notre quartier, les enfants commencent à avoir de la diarrhée et même des adultes. La réserve de médicaments que Peggy nous avait laissé est presque finie.

Nous prions le Seigneur Jésus pour que la pluie ne tombe pas dans les quartiers de Port-au-Prince et de Carrefour, etc. sinon, ce sera le drame, nous craignons une épidémie. Partout, c’est l’odeur de morts.

Personne ne peut dire jusqu’à présent combien de gens soient morts. Jusqu’au moment où nous vous parlons, il y a encore des gens qui sont encore sous des décombres qui sont vivants, qui communiquent par téléphone, mais qu’on n’arrive pas à trouver un moyen de les sortir.

Il n’y pas que des maisons écrasées ou effondrées, mais il y en a aussi que la terre a englouti avec des gens dedans.

Pour finir, outre le traumatisme qu’on a du tremblement de terre, il y a aussi, un grave problème de brigandage. Il y a des milliers de prisonniers qui sont en cavale dont 800 de renoms du pénitencier national.

Ces gens sans foi, ni loi, traumatisent à nouveau la population déjà toute tremblante avec des armes à feu et armes blanches. Ils volent ce que la population a dans la rue et il y a même des cas de viols. C’est pourquoi, maintenant dans toutes les rues, la population se mobilise le soir pour monter des brigades de sécurité eux-mêmes. Certains dorment la journée pour pouvoir veiller la nuit. La Police Nationale n’arrive pas à tout contrôler, car beaucoup de commissariats sont écrasés. Le palais de Justice et le Palais national n’étaient pas épargnés.

Beaucoup d’aides sont là, mais n’ont pas pu être distribuées de crainte d’un dérapage. Certaines zones de carrefour ont bénéficié de l’aide via des organisations populaires. Mais pour d’autres zones, à cause que tout le monde veut recevoir en même temps, il y a des bousculades. Nous avons constaté dans des quartiers de Carrefour, où on a fait la distribution des camions d’eau traitée. Mais on n’a pas encore vue pour la distribution de nourriture.

La nuit devient précaire ici, quand il fait 18 h :00 déjà tout le monde prie pour le soleil se lève le plus vite. On a la peur que la terre nous englouti, on a la peur que les voleurs et violeurs ne viennent la nuit. En un mot, on ne vit pas. Il y a des gens qui ont déjà des problèmes de cœur.

Beaucoup de familles partent à la Campagne. Malheureusement, certaines n’arrivent pas à destination, car à cause de la surcharge des autobus et camions, certains ont eu des accidents et des gens sont morts.

La terre continue à secouer, nous ne savons quand ça va s’arrêter. On a ouï-dire que cela pourrait prendre un à trois mois. Mais, vraiment, nous ne savons, car cela dépasse les scientistes. Voilà en gros, ce que l’on vit.

Pour terminer, nous conseillons à nos amis qui veulent venir nous aider sur place en Haïti de prendre beaucoup de précautions s’il vous plaît. Pour leur santé et pour leur sécurité.

Pour Monsieur Félix qui va bientôt venir, c’est bien de ne passer par l’aéroport et de penser à habiter à la campagne, Café-Lompré par exemple. Car penser à passer une nuit dans la capitale ou dans les environs est un très grand risque, pensez-y s’il vous plaît. La campagne sera mieux pour vous. Vous pourriez visiter la capitale et les environs la journée et allez à Café-Lompré avant la tombée de la nuit. Car, les routes aussi deviennent dangereuses et il ne faut les affronter même à la tombée de la nuit. Tant pour la sécurité que pour la prudence.

Il se fait tard déjà, je vous laisse pour demain Dieu voulant pour l’envoie des photos.

Encore merci pour soutien et à bientôt. Je vous salue tous.

Eveline